Après la réussite de la première soirée de dédicace le 04 novembre :

Les suivantes furent toutes aussi impressionantes :

Nous vous en remercions. Nous vous remercions également de toutes les questions posées lors du Chat du 09 novembre dernier. Vous pouvez le consulter à l'adresse suivante :
http://www.canalchat.com/transcript-jerome-arnaud-wagner-dialoguez-en-direct-avec-1230.html
ou consulter les principales questions sur :
http://dai.ly/dbG4WR
Nous avons retenu quelques échanges, nous nous excusons auprès de autres personnes qui nous ont fait le plaisir de nous contacter :
Bonjour à toutes et à tous, nous avons le plaisir d'accueillir Jérôme-Arnaud Wagner, l'auteur de "N'oublie pas que je t'aime".
Bonjour !
mAxime : J'ai lu que vous aviez écrit ce livre pour vos enfants. Et il s'agit d'une histoire très personnelle et terriblement triste. Pourquoi avoir choisi d'éditer ce livre pour le grand public ? Merci de votre réponse.
Oui c'est vrai ! J'ai perdu ma femme brutalement il y a 10 ans, à cause d'une erreur médicale, je me suis donc retrouvé seul à élever mes enfants qui avaient 4 ans à l’époque. J'ai eu envie de mettre sur papiers mes sentiments pour Emmanuelle, j'ai écris pendant 3 ans. J'écris depuis tout petit. J'ai mis ce manuscrit en ligne sur le site des nouveaux auteurs, et je suis remonté parmi les trois premiers, le livre est donc sorti jeudi. J'ai reçu beaucoup de messages personnels, tout le monde a perdu quelqu'un de cher, j'ai pensé que cela pouvait valoir le coup de faire partager mon expérience au plus grand nombre.
Jiji : Bonjour, le livre est sorti il y a quelques temps seulement. Comment est-il accueilli par les lecteurs et la critique ?
Il est sorti le 4 novembre, jeudi, hier mon éditeur m'a appelé pour me dire que le livre était 7ème des romans français sur Amazon, ils sont d'ailleurs en rupture de stock ! Je suis passé chez Sophie Davant hier matin, j'ai reçu beaucoup d'appels de femmes, car c'est une histoire d'amour, une love story des temps modernes. J'arrive devant Jean d’Ormesson et après Virginie Despentes, c'est grâce à Internet que le livre a pu voir le jour, car je suis un inconnu dans la littérature ! Je m’attends à des critiques, c'est un livre grand public, c'est un livre à la Musso ou à la Marc Lévy. C'est un livre écrit pour tout le monde, j'ai voulu partager ce que j'ai vécu. Un des grands bonheurs que j'ai eu dans les comités de lecture, c'est de voir des gens de tout âge, tout horizon, de tous les milieux sociaux, la lecture doit sortir du ghetto intellectuel parisien.
Josie : Comment avez-vous trouvé la "force" d'écrire ce livre ?
Cela a été une thérapie, ce livre m'a sauvé, j'ai perdu l'amour de ma vie du jour au lendemain, j'avais envie de sauter par la fenêtre sur le moment, j'ai survécu pour mes deux fils. Je pense que ma femme est encore là, en moi, et que c'est grâce à elle que j'ai écrit ce livre, cela m'a aidé à surmonter les 3 premières années. La première année, j'étais incapable d'écrire une ligne, je m'enregistrais, et puis un jour, comme un coup de baguette magique, je me suis dis que j'étais prêt à écrire. C'est une force venue de l'au-delà je pense !
vincianne : A qui en voulez-vous le plus suite à cette tragédie? Aux médecins? C'est à eux qu'incombe l'entière responsabilité de ce qui s'est produit ?
On m'a posé la même question sur le plateau de Sophie Davant hier, sur France2, il y avait aussi Patrick Sébastien qui a perdu un fils et qui était touché par mon histoire. La réponse que j'ai faite, c'est : non, aujourd'hui, je n'en veux plus à personne, j'ai pardonné aux médecins, l'erreur même médicale est humaine. Il y a eu une procédure judiciaire qui a duré 10 ans. Je ne pouvais pas sortir le livre avant que la procédure soit terminée, j'ai eu une confrontation avec les 3 médecins, l'un d’eux est venu s'excuser. C'est peu. Au début, je ne savais pas que c'était une erreur médicale, on m'a dit qu'elle avait eu une crise cardiaque. Elle s'est réveillée du pré-coma et a commencé à avoir très mal à la tête, on lui a donné beaucoup de coagulants. Elle a eu de plus en plus mal à la tête, on a fait un scanner à l'hôpital, il était normal et la même nuit, on m'appelle pour me dire qu'elle est morte. C'est à l'autopsie qu'on me dit qu'elle a fait un AVC et non une crise cardiaque, donc les coagulants n'étaient pas recommandés. J'ai simplement voulu faire reconnaitre la faute par les médecins, je ne cherchais pas à gagner de l'argent. Aujourd'hui, c'est le temps de l'amour, du partage et du pardon !
Mathilde : J'ai lu votre livre, j'ai trouvé le récit parfois un peu trop personnel, j'avais l'impression de m'immiscer dans une histoire qui n'était pas la mienne, qu'est ce qui vous a poussé à écrire aussi librement ?
C'est une question que je me suis posée, au début il n'était pas pour le grand public, la question s'est posée quand l'éditeur m'a dit que j'étais remonté parmi les meilleurs manuscrits sur le site. J'ai pensé à effacer tous ces détails personnels, mais en même temps, c'est une histoire vraie, donc je n'ai pas voulu la réécrire. La réalité est plus forte que la fiction. J'aimerais vous répondre par un poème que j'avais écrit à Emmanuelle qui est dans le livre. Je souhaite donc partager cet amour avec le monde entier.
DK : Avec ce mode de publication de votre livre, n'est ce pas nier le rôle des maisons d'éditions et de leurs éditeurs au profit des internautes ? Avez vous proposé votre livre aux maisons d'éditions classiques ?
Les nouveaux auteurs, son responsable est quelqu'un qui vient du marketing, je crois qu'il était chez l'Oréal avant. C'est un passionné des livres. On lui avait appris à faire des pré-tests chez l’Oréal. Savoir auprès des panels si cela va fonctionner. Il a donc un jour décidé de créer sa maison d'édition et de faire des pré-tests, le livre est un produit comme les autres. Il a proposé à des gens qui acceptent de lire des livres bénévolement, aujourd'hui il y a 2000 inscrits sur le site. Internet peut faire participer les gens. C'est donc une maison d'édition un peu particulière à la manière de My Major Company pour la musique. Mais dans notre cas, il n'y a pas d'argent mis en jeu par les internautes. Les internautes reçoivent le livre en version papier et ensuite ils votent. Je ne suis pas écrivain de métier, j'ai une société spécialisée sur l'association des marques à l'univers du spectacle. J'ai écrit mon premier roman à l'âge de 12 ans. Les maisons d'édition prennent de moins en moins de risque avec les nouveaux auteurs. J'avais envoyé mon livre à plusieurs maisons d'édition classiques. Le plus que m'a apporté Internet c'était que ce n'était pas indécent de le publier.
ghislaine : Cette histoire vous a rendu croyant ou vous l'étiez déjà avant ?
Je suis croyant non pratiquant, et je crois que c'est de plus en plus le cas en France. Pour moi toutes les religions se valent ! J'ai fait beaucoup de recherches pour savoir où était passé Emmanuelle, je voulais aller la chercher ! Je me suis intéressé au bouddhisme, à tout ce que l'on peut dire sur le sujet. J'ai lu un livre qui m'a beaucoup marqué : « Le roi, le sage et le bouffon ». Je ne crois pas au Bon Dieu comme on le représente dans les églises, mais je crois en l'amour. Pour revenir à ce livre « Le roi, le sage et le bouffon », on est dans un royaume, avec un roi très bon, un royaume très riche, il ne comprend pas, car ses sujets ne sont pas heureux. Il convoque donc le sage et le bouffon, il se rend compte qu'ils n'ont pas de sens à la vie et sont tristes. Le roi a donc décidé de leur trouver une religion, il fait des jeux olympiques de la religion. La conclusion de ce livre c'est qu'il y a une beauté dans la nature !
pepito : Vos jumeaux ont ils lu le livre ? Si oui qu'en ont ils pensé ?
erika : Comment avez vous géré l'éducation de vos enfants après le drame qui vous a touché? Etaient-ils en âge de comprendre quand c'est arrivé?
Mes enfants ne l'ont pas lu et je ne suis pas pressé qu'ils le lisent. Ils ont 14 ans, ils sont très bien dans leur peau, ils ont une chance dans cette tragédie, c'est qu'ils avaient 4 ans à cette époque. Je pense que c'est un livre qu'ils pourront découvrir quand ils le voudront ! En même temps ils n'aiment pas beaucoup lire, ils sont de la génération 2010 ! C'est vrai qu'il y a beaucoup de femmes qui élèvent leurs enfants seuls, moins de pères. Je n'ai pas refait ma vie, d'ailleurs je n'aime pas cette expression. Je souhaite avoir un autre amour aussi fort. Ce qui m'a aidé à les élever, c'est ma belle famille avec qui je suis très proche, ma belle mère notamment sur les premières années. J'ai la chance qu'elle soit jeune, cela a été une aide formidable, ensuite je m'y suis mis.
Basile : J'ai commandé votre livre mais je ne l'ai pas encore reçu. Question un peu bête mais en couverture de votre livre, de qui s'agit-il ? Emmanuelle ?
C'est bien sur une photo d'Emmanuelle ! Je ne me serais pas permis de mettre une photo de quelqu’un d'autre, elle est très belle. J'avais envoyé ce livre à Nadine Trintignant ! Elle m'a dit qu'elle était belle, c'est vrai qu'elle était mannequin, elle était aussi belle à l'extérieur qu'à l'intérieur. Au début, le livre devait s'intituler « Notre histoire » le début du livre est écrit à 2 mains, avec 2 sensibilités. J'ai beaucoup de photos d'elle, après à un certain moment quand elle a eu les enfants, elle a arrêté son métier de mannequin. Notre histoire a duré 6 ans, c'est court mais intense. Elle restera toujours très belle !
amina le baya : Tout en respectant votre douleur et votre peine, n'avez-vous pas peur que l'on vous reproche un style trop sentimental ou larmoyant ? C'est une question que je me pose avant d'acheter le livre. Merci.
Je pense en effet que vous n'avez pas lu le livre, c'est un message d'espoir au contraire, ce n'est pas larmoyant ! C'est vraiment une love story, je l'ai écrit pour prouver que l'amour existe, même après la mort ! Je l'ai écrit pour tous les amoureux transis, parfois c'est mal vu d'être amoureux pour un homme, mais il existe encore des hommes romantiques. Se souvenir des belles choses, donne confiance en soi !
Marine de Lyon : Bonjour. Je ne sais pas si cette question vous plaira mais je voudrais savoir si vous accepteriez qu'un film soit tiré de votre histoire. Et si oui, quels acteurs pourriez-vous imaginer ?
Bien sur, c'est un livre qui se prête bien à un film, c'est une love story des temps modernes. Je ne vous cache pas qu'il y a pas mal de lectrices qui ont dit qu'ils verraient bien une adaptation, j'ai déjà des scénaristes qui m'ont contacté. Le titre s'y prête bien aussi, qui je verrais, je ne suis pas le mieux placé, car c'est mon histoire, c'est ma femme, ce serait un très beau premier rôle féminin, si j'avais à choisir j'irais sur des vraies actrices. Avec une beauté intérieure, j'aime bien Mélanie Laurent, qui est très contemporaine, artiste, etc. Je pense qu'il faut tout sauf une comédienne grave. J'ai des gens qui viennent me voir lors de dédicaces et qui souhaitent l'offrir à des gens qu'ils aiment. Ce qui m'est arrivé, m'a permis de m'ouvrir sur la communauté de la souffrance, peut être qu'elle est venue pour me faire passer à une autre étape, pour délivrer un message aux autres.
Bérangère : Et ça vous flatte d'être comparé à Musso, Lévy ? Ces auteurs sont pourtant pas mal critiqué par certains écrivains ?
Ca me flatte tout à fait ! Je pense que je vais être critiqué par l'intelligence parisienne. C'est un livre qui sera jugé indécent pour certains. On ne peut pas plaire à tout le monde. Il est certain que je n'en ai pas fait une œuvre commerciale, c'est une démarche désintéressée. Musso et Lévy, ce sont des auteurs que j'adore. Tous les romans de Musso sur le destin, me parle ! Ces auteurs là sont très contemporains. Je ne veux pas que la lecture se « dinosaurise ». J'étais un vrai littéraire quand j'étais petit, pour mes enfants ce n'est pas le cas, c'est pour cela qu'il faut leur donner des livres accessibles, des histoires d'aujourd'hui donc bravo à ces 2 auteurs !
Dangoti : Pourriez-vous écrire un autre livre ou celui-ci étant tellement personnel et lié à votre existence qu'il s'agit du seul livre que vous pouviez écrire ?
J'ai écrit mon premier roman à 13 ans, « rêverie romaine » il n'a pas trouvé d'éditeur. J'ai écrit aussi un livre autobiographique sur ma famille, sur ma grand-mère qui est décédée un an avant Emmanuelle, c'était un personnage haut en couleur. Ce livre n'est pas sorti, hormis pour ma famille. J'ai écrit aussi un scénario « Meurtre en direct » qu'Emmanuelle avait commencé à écrire, j'ai continué de l'écrire, je l'ai terminé aujourd'hui. Peut être que j'en ferais un roman aussi si c'est un succès.
Merci Jérôme-Arnaud Wagner. Le mot de la fin ?
Je suis bouleversé depuis 4 jours, je ne m'attendais pas à un tel engouement ! C'est un truc incroyable, j'ai du mal à réaliser. J'ai l'impression que ma vie va changer aujourd’hui, je fais de belles rencontres, y compris des gens qui souffrent, j'ai l'impression d'avoir une mission. Merci à vous tous.